BYRON BAY: Cette grande histoire d’amour qui n’aura pas lieu.

J’ai longtemps hésité avant d’écrire cet article sur Byron Bay car c’est à ce jour la plus grande déception de notre voyage.

Pas d’y être aller non, mais de ne pas avoir pu y rester.

Ainsi je vais vous en parler comme d’un amour contrarié, à sens unique du moins.

Byron Bay c’est donc notre première étape dans le New South Wales, le 5ème état australien que nous visitons.

Enfin officiellement non, puisqu’on passe d’abord une première journée à visiter Mullumbimby et Brunswick Heads, deux villes qui nous font déjà de l’oeil avec leurs bars sympas, leurs fresques murales et leur ambiance à la cool.

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Le lendemain, on se rend donc à Byron Bay avec un objectif assez simple: booker notre 1er cours de surf puis visiter la ville tranquille. On compte y rester 2 jours et c’est pour nous largement suffisant pour une ville de 15 000 habitants.

On connaît la réputation de la ville, c’est d’ailleurs pour ça qu’on l’a choisi pour notre initiation au surf. En toute franchise, on s’attend à être charmé mais on redoute un peu, comme toujours avec les incontournables, le côté trop commercial, trop cliché.

Pour décrire simplement la ville, c’est ici que la culture surf de la côte rencontre le courant hippie venu de l’arrière pays créant ainsi un étonnant mode de vie alternatif.

Ceux qui nous connaissent bien savent que Pat’s et moi n’avons pas particulièrement de sensibilité face à ce genre d’ambiance et pourtant comme dans toute histoire d’amour, il se passe un truc qui nous dépasse, qu’on ne comprend pas.

C’est peut être le contexte de la rencontre qui a joué. On est dans une phase down clairement, surtout Pat’s et ce pour des raisons personnelles, on vient d’écumer tout le Queensland et on aimerait bien joindre l’utile à l’agréable en restant travailler dans un lieu sympa, surtout que d’un point de vue purement pratique on arrive en bout de course niveau budget.

Et là voilà que Byron Bay se présente à nous avec (et tuez moi car je ne pensais pas pouvoir sortir ce genre de phrase un jour) toutes ses ondes positives.

A la fin de la notre 1ère journée on a déjà un petit crush. Alors oui c’est touristique, oui tu entends parler français à tous les coins de rue mais il a y aussi les prix des bars et des restos que tu t’attendais à voir grimper en flèche et qui finalement sont les plus bas que tu aies vu en Australie car la culture hippie ici ce n’est pas qu’une mode, la plage superbe en plein coeur de la ville, les gens tous plus beaux les uns que les autres (quand tu sors de 2 mois de Queensland tu es heureux de ne pas croiser 5 coupes mulets/jour), le street art disséminé partout dans la ville et cette bienveillance australienne qui semble plus présente que jamais.

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Le 2ème jour finit de nous convaincre. On est en avance pour notre cours de surf et on décide de longer la plage pour s’y rendre. Au loin, on entend de l’électro, assez fort. Je me dis que c’est surement un cours co de fitness organisé sur la plage, enfin ce genre de truc super healthy que font les australiens. En se rapprochant, on constate qu’il y a pas mal de monde à regarder le spectacle, police comprise, et on décide de jeter un coup d’oeil, curieux. On mets quelques secondes à comprendre que les gens en train de danser sur la plage et dans l’eau sont en grande majorité: 1/ des femmes ayant pour la plupart bien passées la soixantaine 2/ complètement nues !!

Je comprends en lisant les panneaux que c’est une manifestation contre les violences faites aux femmes. On se dit que c’est un reste des 70’s et je constate avec surprise et un peu de tristesse aussi que les filles de ma génération se sont elles contentées de rester en maillot de bain.

Mais bref, on a un cours de surf qui nous attend (on retrouve d’ailleurs nos petites mamies, attablées à la terrasse d’à côté, en train de pti déjeuner entre copines, habillées cette fois).

Je pense qu’on ne pouvait pas être plus satisfait de cette matinée et on se porte volontiers ambassadeur de l’école que nous avions choisie: Soul Surf School. Toute l’équipe était au top: fun, ultra présente et de très bons conseils. Et que dire de nos talents de surfeurs !!!

C’est pas pour nous vanter mais on a quand même bien géré cette initiation, en réussissant tous les deux à se mettre debout dès la première vague. Pour Pat’s qui est un intelligent moteur ce n’est pas une surprise mais pour moi qui ne suis vraiment pas à l’aise dans les vagues, ça relève de l’exploit. Et pourtant, y’a un déclic, attacher à ma planche, je me dis qu’il y aura toujours quelque chose pour me ramener à la surface et ma peur des vagues disparaît (le surf, une thérapie ^^).

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Après ça, c’est terminé bonsoir, le coup de foudre est avéré.

Tu t’emballes, t’en parles à tes potes, ta famille, tu dis que tu vas t’installer là. Tu changes tes plans, finit le Western Australia, au mieux t’iras jusqu’à Sydney.

Tu penses que tu vas trouver un job de barman dans un bar trop cool, et que tu vas continuer à parfaire ton surf en allant prendre la vague tous les matins avant le boulot. Bref, tu penses que ta vie va devenir une chanson de La Femme.

On n’est pas encore totalement à sec, il y a un freecamp juste à la sortie de la ville, on vient de trouver un parking gratuit en plein centre ville. Toutes les conditions sont réunies pour qu’on puisse chercher du travail tranquille. On se laisse donc une semaine pour conquérir Byron Bay (après niveau budget ça va devenir dangerous).

Et c’est parti, on écume les bars et restos, on dépose des CV partout, on fait le tour des petites annonces. On nous répond que c’est la fin de la saison (jamais le bon timing…). Après 2 jours à inonder la ville de nos CV, on décide d’attendre les retours … mais on ne veut pas tomber dans la morosité non plus, alors on décide d’attendre mais en profitant quand même. Alors resto, bars, on se fait plaisir, on se fait du bien parce qu’on en a besoin aussi un peu et c’était quand même le but en venant ici.

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Mais comme vous vous en doutez les retours ne viendront pas, et commence alors la phase de désamour. Parce qu’en nous rendant dans les bars et les restos, on voit au moins 3 personnes pour qui c’est le premier jour de taf… Ça embauche donc …

Mais on est obligé de faire un constat amer… à Byron Bay si tu veux être embauché, il faut être soit un surfeur allemand, soit une suédoise…(rappelez vous, tout le monde est beau ici).

N’étant ni l’un ni l’autre, on décide de lâcher l’affaire… On profite de nos derniers jours en sachant qu’on ne sera jamais rien de plus que de simples touristes pour Byron Bay.

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Alors Byron Bay, je t’aime parce que tu as bien pris soin de nous à un moment compliqué de notre voyage mais je te déteste aussi car tu n’as pas voulu nous garder, tu nous as rejeté… Pas assez beaux, pas assez branchés … et ce malgré le fait que je me suis mise à porter des shorts en jean taille haute…

Alors, j’ai compris que c’était compliqué d’avoir tout: le bon taf, au bon endroit…Surtout en roadtrip. Et le sentiment d’échec qui ressort de cette expérience s’efface peu à peu pour garder que les bons moments: le surf, la bonne bouffe, les apéros après la plage…On aura quand même su profiter au maximum de tout ce que Byron Bay avait à nous offrir.

Et puis il nous reste le surf !! Pour la petite histoire, après Byron, une fois nos poches vides, on a dû se trouver un HelpX en vitesse en attendant de trouver un travail. 4h/jour de travaux dans une maison au bord de la mer, accompagné d’une dizaine d’autres backpackers (allemands, argentins, anglais, américain…) et surtout avec à notre disposition des planches de surf pour parfaire notre style 🙂

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4 commentaires sur « BYRON BAY: Cette grande histoire d’amour qui n’aura pas lieu. »

  1. C’est très beau et ça donne envie. Nous comprenons que vous souhaitiez rester.
    … et c’est très bien raconté !!!
    Bon courage pour les patates qui vont vous permettre de renflouer les comptes en banque.
    Plein de gros bisous

    Aimé par 1 personne

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