ULURU & LE RED CENTER: La traversée du désert

Changement de décor complet après les plages paradisiaques de Kangaroos Island, je vous emmène dans le désert australien, ce qu’on appelle ici le Red Center.

Alors bien sur, les paysages ne changent pas radicalement d’un coup. De Kangaroos Island à Uluru, on a fait un petit stop à Adélaïde, qu’on a eu la chance de voir remplie de magnifiques Jacarondas en fleur mais aussi sous les nuages … (la poisse avec les grandes villes australiennes).

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Puis on a mis un petit coup d’accélérateur à notre roadtrip. C’est vrai qu’on prenait bien notre temps depuis le début, peut être un peu trop. J’ai tendance à vouloir tout faire en voyage, afin d’être sur de ne rien louper mais force est de reconnaître que ça a des conséquences importantes sur deux éléments essentiels de notre roadtrip:

  • Le temps: Déjà 3 mois que nous sommes là, et il faut admettre qu’en regardant la carte, on ne se voyait pas avancer. L’immensité du pays oblige à une certaine organisation si on veut pouvoir faire l’itinéraire qu’on s’était fixé. Et puis, n’oublions pas que le visa est de 12 mois, pas un jour de plus.
  • Le budget: Faire des détours pour se rendre dans tel Conservation Park ou pour faire telle rando augmente directement notre consommation de carburant. Non pas que les prix soient scandaleux mais Bernard est un vieux baroudeur et tend à être un peu gourmand.

On a donc décidé de « tracer » tout simplement, en se fixant 2 étapes avant Uluru: le Flinders Ranges National Park et Coober Pedy.

FLINDERS RANGES NATIONAL PARK

Les Flinders sont une chaîne de montagnes très ancienne, emblématique du South Australia. Nous ne sommes pas à proprement parlé dans le Red Center puisque nous sommes encore dans le South Australia à cette étape de notre traversée, cependant nous sommes bien dans l’outback. Oublié le mauvais temps d’Adelaïde, les températures grimpent (mais restent très raisonnables comparées à ce qui nous attend).

Le gros point positif de l’outback c’est la forte présence de freecamps sur le chemin. Le but c’est de « Survive this Drive » comme on le voit écrit sur des panneaux, alors chaque aire de repos est aussi une aire de couchage. Rudimentaires, souvent sans toilettes (ne parlons même pas de douches), elles suppriment la quête quotidienne du freecamps parfait (ahhh je pourrais y dédier un article entier…) mais surtout rassurent. Si on décide au dernier moment de continuer à rouler, on peut le faire sans craindre de n’avoir nulle part où se poser à la fin de la journée.

Bref, on devait initialement rester quelques jours dans les Flinders, mais c’était avant de se faire rembarrer par une rangers qui nous explique que la plupart des pistes sont fermées à cause de la chaleur. On se contente donc d’une petite rando tranquille de 4h. Et le soir, on profite de notre freecamp qui nous offre un superbe coucher de soleil sur les montagnes.

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COOBER PEDY

800km plus loin, on arrive à Coober Pedy. Ahhh Coober Pedy, on avait un peu fantasmé l’endroit avec Pat’s. Capitale mondiale de l’opale, la ville est cernée de monticules de terre. La température peut atteindre les 50 degrés et la plupart des habitations y sont donc souterraines. On avait hâte de voir ce paysage si particulier et de découvrir l’atmosphère d’une ville en plein désert. Bon pour faire vite, c’est la 1ère déception de notre périple. Si la ville a vraiment des allures de décors de film par endroit, c’est bien sa seule qualité. Pour la 1ère fois on s’est senti en insécurité en Australie, et c’est donc d’un commun accord qu’on écourte le temps qu’on devait y passer.

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Et ensuite, on y est !!! C’était la dernière chose qu’on pouvait décemment appelé une ville, maintenant il ne nous reste plus qu’à tracer jusqu’à Uluru. Une longue ligne droite au milieu de rien.

750km, 10h de route ponctuée d’arrêts providentiels dans des stations services ravitaillées par les corbeaux mais climatisées. Au bout de 8h30 de route, on aperçoit un immense rocher se dresser au loin. C’est lui ? c’est pas  lui ?. Comme beaucoup de voyageurs avant nous, on vient de confondre le Mount Connor avec Uluru. Finalement, quand il se présente enfin devant nous, la question ne se pose plus et on sait qu’on est arrivé à destination.

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ULURU

Bon on n’est pas exactement sur le site à la fin de ces 10h de route. On est à Yulara, petite ville à 20km du parc national, créée spécialement pour accueillir les touristes et voyageurs. Business oblige, le dernier freecamp était 50km plus tôt et il n’existe qu’un seul camping ici. On se sent un peu coincé car peu de possibilités s’offrent à nous, malgré tout l’option camping à 20km était la plus judicieuse (surtout au vu du prix de l’essence ici !!). D’autant plus que, étant en basse saison, on bénéficie d’une offre trois nuits pour le prix de deux !! Quelle chance, c’est justement la durée du pass pour le parc national !! Et puis, on ne va pas cracher dans la soupe, on était quand même contents d’avoir une piscine après 5h de rando par 40 degrés.

Mais je vous assaille de détails techniques alors qu’on vient quand même d’arriver dans ce qui doit constituer le temps fort de tout voyage en Australie qui se respecte. Je ne vais pas jouer les voyageurs blasés, Uluru a été un temps fort de notre périple et sûrement un des paysages les plus impressionnants que j’ai pu voir de ma vie. Cela tient sûrement à la route pour arriver jusqu’ici, trois jours dans le désert, perdu au milieu de rien. Puis l’effet produit quand on commence à le voir à l’horizon, comme une récompense. La taille aussi, mise en valeur par l’absence de tout autre décor autour. Et puis la couleur, les couleurs, la texture …

Le 1er soir, on est timide, on se contente de l’admirer au coucher du soleil depuis le lookout de notre camping. Je pense que j’aurais pu continuer à faire ça quelques jours, le temps de m’acclimater à sa présence et aussi parce que rien que ça me contenté. Mais j’ai la chance d’être accompagné d’une personne beaucoup plus spontanée que moi, aussi le lendemain après une bonne nuit de sommeil, on prend nos billets pour le parc.

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45$/personne pour le pass de 3 jours qui comprend aussi le site des Kata Tjuta (j’y reviendrai). On tire un peu la langue mais une fois dans le parc, on comprend qu’on vient d’acheter notre tranquillité.

En effet, à part le centre culturel aborigène, il n’y a rien d’autre sur le site, pas de vendeurs à la sauvette qui vendent des magnets pour ton frigo (même si j’ai le plus grand respect pour les magnets), pas de restaurants hors de prix avec un coca à 9$, ou de boutiques souvenirs remplies de peluches fluo. Les infrastructures sont excellentes (routes, chemin, indications…) et tout est fait pour mettre en valeur le rocher et rien d’autre.

Afin d’en profiter un maximum et de le voir sous toutes les facettes, on décide de faire la rando qui en fait le tour (4h // 36 degrés // plein soleil). À partir de maintenant c’est donc juste nous et Uluru. On ne croisera quasi personne d’autre durant la boucle (la plupart des autres touristes se contentent de faire le tour en voiture…). La question de faire l’ascension du rocher ne se posera pas car la piste était fermée (fortes températures obligent) et surtout car les Aborigènes s’y opposent à cause du caractère sacré d’Uluru.

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Après quelques brasses dans la piscine du camping, on y retourne le soir pour ce que le site offre de plus magique: un coucher de soleil sur Uluru. On s’installe avec Bernard sur une des aires dédiées, on grimpe sur le toit avec des boissons fraîches, de quoi grignoter et on contemple le rocher qui passe par toutes les nuances de rouges.

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KATA TJUTA

Le second site du parc, c’est donc les Kata Tjuta: 36 rochers côte à côte formant des vallées profondes et des gorges abruptes. Le plus haut, le Mt Olga dépasse Uluru de 200m. On y va tôt histoire de ne pas souffrir de la chaleur (comme à la fin de la boucle d’Uluru), d’être le plus solo possible et surtout de pouvoir faire deux randonnées. La première, c’est la Valley Of The Winds Walk, 7,4km serpentant à travers les gorges.

À ce jour, la plus belle rando que j’ai pu faire. Bon ok, je ne suis pas une randonneuse dans l’âme et manque donc un peu de recul, et si on pose la question à Pat’s, elle n’est même pas dans son top 3.  Mais quand même, se sentir minuscule aux pieds des parois, le contraste entre le rouge des rochers, le bleu du ciel et le vert de la végétation…

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Et on termine, par la Walpa Gorge Walk (2,6km), une petite marche au milieu de la plus imposantes des gorges inondée par le soleil. Si Uluru reste spectaculaire et magique, les différentes randonnées proposées dans les Kata Tjuta en ont fait le meilleur moment de notre visite du Red Center. Car il y une différence entre admirer un rocher de loin et avoir l’impression d’appartenir au paysage juste le temps d’une randonnée en plein milieu.

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Après 3 jours à Yulara, l’heure du départ a sonné et il est temps de reprendre la route vers notre prochaine destination: Alice Springs.

À 5h de route d’Uluru, c’est la plus grosse ville du Red Center. On avait prévu d’y rester une petite semaine pour éventuellement trouver du travail (et oui une traversée du désert ça coûte cher, surtout en essence) et visiter les MacDonnell Ranges, une chaîne de montagne s’étirant à l’est et l’ouest de la ville. Seulement voila, il ne fait pas exactement le même temps qu’à Uluru ici. Si on s’estimait heureux d’avoir une légère brise en fin de journée et un thermomètre descendant à 28 la nuit, à Alice Springs tu peux oublier. La ville est vide car à cette saison les habitants désertent les lieux, rendant notre quête de travail assez compliquée.

Malgré tout, ils nous restent les MacDonnell Ranges. Malheureusement, on y passera notre pire nuit en Australie… Arrivés à notre freecamp au milieu de nulle part, on constate que celui ci est envahi de fourmis rouges (et quand elles te piquent ici, tu as mal pendant 10min…). Impossible de rebrousser chemin car il fait déjà nuit, et on ne s’aventure pas à rouler de nuit avec Bernard dans le désert car celui ci n’est pas équipé de pare kangourou…En plus des fourmis, on doit subir les milliers de mouches qui essaient de rentrer dans ton nez, yeux, bouche… Obligé de s’enfermer dans le van… Il fait encore 30, on a roulé toute la journée donc Bernard lui même est chaud bouillant…Malgré une nuit assez torride … on a toujours en tête de profiter des montagnes. On coupe un bout de moustiquaire pour se le mettre autour de la tête histoire de ne pas devenir dingues à cause des mouches (pas de photos, c’est dommage on était pourtant tellement ridicule). Il semble y avoir moins de fourmis que la veille, aussi on ose préparer le petit dej’ dehors mais j’ai le malheur de laisser les chaussures de Pat’s par terre… Grossière erreur, en 10min elles sont recouvertes de fournies, ça grouille, elles ont carrément disparues en dessous…On les récupère à coups de déodorant (et oui on a envisagé l’éventualité de les laisser là), avant de les passer sous l’eau pour finir les quelques survivantes. Entre temps, on s’est, bien sur, fait piquer une bonne dizaine de fois chacun, et on ne sait plus où marcher.

Après une nuit blanche, les nerfs lâchent, on remballe rapidos notre campement et on quitte les MacDonnell Ranges sans avoir fait la moindre rando. Mais on ne quitte pas le désert comme ça, et il nous faudra encore 3 jours de route, à 700km/jour  pour retrouver un semblant de civilisation mais surtout un sommeil correct.

Notre traversée du désert aura donc eu raison de nous, et c’est vidés, en sueur* mais plus que ravis qu’on passe la frontière du Queensland, notre 4ème état.

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Petite aparté: Les photos de cet article ne rendent absolument pas justice aux lieux que nous avons pu visiter. Le côté grandiose des Kata Tjuta surtout ne ressort pas du tout et je crains qu’il en soit de même pour les vidéos… Malheureusement pour vous, je ne vous propose pas un super contenu… Heureusement pour nous, les plus belles images sont dans notre tête !!

*: J’oubliais un petit détail qui prend toute son importance ici, Bernard n’est pas équipé de la clim’…

4 commentaires sur « ULURU & LE RED CENTER: La traversée du désert »

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